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« donner des émotions dans notre langue maternelle »

Les cinq Bordelais de Pendentif propulsent leur pop aux influences anglo-saxonnes dans la langue de Molière. En 1e partie d’Indochine et Catherine Ringer ou en tête d’affiche, ils ont acquis le public à leur Mafia Douce et seront à Aucard pour envoûter les Tourangeaux ! Benoît nous en dit plus.

Vous êtes à nouveau tournée depuis l'automne et vous avez sorti un EP récemment: on verra donc de nouvelles chansons sur scène ?

Non, on n'est pas encore prêts : on est en train de terminer quelques morceaux, donc peut-être que d'ici la fin de l'été on en aura quelques-uns mais en tous cas ce ne sera pas pour Tours.

Dans vos premières interviews il y a deux ans, vous avouiez ne pas être très à l'aise sur scène au départ : les choses ont changé ?

Oui, ça se passe super bien ! On a quand même 150 dates dans les pattes, donc on a acquis de l'expérience… on a joué sur toutes sortes de scènes, devant 5000 personnes ou dans des clubs, et on a aussi rebossé le live à la suite de la sortie de notre album Mafia Douce pour essayer de le transcender un peu, d'y mettre un peu plus de fougue, de rallonger certaines parties pour que ce soit un peu plus dansant… Donc en ce moment on est fins prêts, on est un peu sur une belle autoroute !

C’est plutôt rare de chanter de la pop en français : pourquoi ce choix ?

Pour nous c’était naturel et il y a aussi un challenge. Après les Yéyés et les années 80, en France il n’y avait que très peu de groupes pop qui chantaient en français dans la période 90-2000 ; il y avait surtout du rock français, mais la pop avait un peu disparu. On est donc fiers de relancer ça, et c’est aussi un challenge créatif aussi car on ne fait pas de la chanson française : notre priorité n’est pas de proposer un texte avec une portée littéraire. On compose un peu de la même manière que les groupes anglais, en ayant une vision globale et mélodique des chansons. En 2010 aucun groupe ne faisait ça puis il y a eu la Femme, Mustang, Aline… Sans s’être concertés je pense que nous avions envie de revenir vers le fait de donner des émotions dans notre langue maternelle, sans qu’il y ait le filtre de l’anglais.

Est-ce que ce n’est pas plus périlleux ?

Oui bien sûr, il faut trouver les angles, parce que tout ne se chante pas en français aussi facilement qu’en anglais. On a tout de suite remarqué que parler d’amour sans désespoir, et plutôt dans l’enthousiasme était quelque chose que les gens avaient du mal à recevoir… ils ne sont peut-être pas habitués ? Alors qu’en anglais, les Beatles par exemple dans leurs premières chansons parlaient de «donne-moi la main, je t’aime…», quelque chose de très premier degré, très spontané, qu’on essaie nous aussi de donner.

 

Tu parlais de l'importance de la mélodie: c'est par là que commence votre travail créatif ?

On est trois à composer, dans nos studios respectifs, et généralement on débute par la musique. Personnellement je compose quelque chose et après les choses se passent de manière instinctive, empirique : je fais une espèce de shoot, presque en franglais, et les premières phrases viennent, ou je vais piocher dans mes carnets… La musique me rappelle un moment, ou un film, et le thème de la chanson naît progressivement dans cette expérimentation. Très peu de nos chansons ont été composées avec un texte prédéfini.

Côté musique on sent l'influence de la pop britannique, mais il n'y a sans doute pas que cela ?

On est aussi influencés par le rock américain, par le rock anglo-saxon en général. Pour tout ce qui est français, les gens qui peuvent nous inspirer c'est Polnareff, Gainsbourg, et tous ces groupes des années 90 comme Taxi Girl ou Jacno… Notre musique naît de ce mélange entre ces influences anglosaxonnes et ce petit patrimoine de musique française.

Le titre de l'album est "Mafia douce" : la musique est un peu comme une drogue ?

La musique c'est toujours ce qui nous sort la tête de l'eau quand ça va vraiment pas, en tous cas pour moi. Dans le dernier album de François and the Atlas Mountain, il parle de ça : je crois qu'il s'est séparé de sa copine pendant qu'il faisait l'album, et il y a une chanson, "Bois", où il répète inlassablement "heureusement qu'il y a la musique magique, l'amour a déçu…". Dans ma vie en tous cas la musique m'a toujours sauvé un peu dans les moments difficiles car tu peux t'y raccrocher.

Et proposer votre musique en festival, sous chapiteau, dans un parc comme à Aucard... c’est une ambiance qui vous convient ?

Généralement on préfère jouer en festival que dans des salles, car il y a quelque chose d’assez détendu, on rencontre d’autres groupes, on peut aller voir d’autres concerts et on peut plus facilement aller faire la fête avec ceux qui sont venus nous voir. Il y a une ambiance toujours un peu électrique et le public ne vient pas forcément pour nous, donc il y a un défi à relever, pour conquérir ces gens qui ne nous sont pas forcément acquis. Tout ça réuni, ça fonctionne toujours pas mal! Je crois d’ailleurs que je suis venu à Aucard il y a quelques années avec un autre groupe, j’en garde un bon souvenir!

 

Votre groupe du moment ? Rhye, un truc hyper sexy entre Sébastien Tellier  et Shade, une voix unique...

Avantages et inconvénients de la vie à cinq en tournée ?

Le plus gros avantage, quand on s'entend bien, c'est de se marrer tout le temps, et l'inconvénient c'est au bout d'un moment de ne pas avoir un espace intime, à soi, où se retrouver seul.

Vous êtes cinq : tous à égalité comme les cinq doigts de la main ou avec un leader (et un chien !) comme dans le Club des Cinq (si vous connaissez…) ?

Bien sûr que je connais le Club des 5 ! J'ai appris un truc d'ailleurs : ils ressortent les bouquins en ce moment mais si tu veux donner à tes enfants ou tes neveux les vraies histoires, il faut choper les vieux bouquins car ils ont modernisé les anciennes ! Mais pour revenir à ta question on est plus les 5 doigts de la main... même quand on fait les interviews en général on se les répartit et chacun y va comme il a envie !

Pour Aucard de Tours, cow-boy ou indien ? Indien, façon Dustin Hoffmann dans Little Big Man !

Pour en apprendre plus sur le groupe, rendez-vous sur leur site http://www.pendentifmusic.com/

... avant de les découvrir sur scène à Aucard de Tours le 6 juin 2014! Toute la prog' d'Aucard sur http://www.radiobeton.com/aucard

 

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