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TAI-MARC LE THANH

«  quelque chose que je vis sans contrainte  »

Il se cache derrière les aventures de Séraphin Mouton destinées aux plus petits, et sous le masque de Jonah, héros d’une série de romans jeunesse à succès. Bientôt à Tours pour présenter le 5e volume de cette série, Tai-Marc Le Thanh nous en dit plus sur son métier.

Comment décide-t-on un jour d’écrire spécifiquement pour la jeunesse ?

Je suis arrivé dans la littérature jeunesse un peu par accident. Ma femme est illustratrice, et c’est elle qui m’a mis le pied à l’étrier en me proposant d’écrire un texte en rapport avec ce sur quoi elle travaillait. Je n’avais pas de vélléité à l’écriture, car je n’étais pas excellent à l’école en français. Quand j’ai commencé à écrire je n’étais donc pas forcément sûr de moi, mais de fil en aiguille j’ai rencontré des éditeurs, des auteurs, des illustrateurs... et au bout d’un moment j’ai fini par trouver ma position plus légitime.

Doit-on avoir certaines contraintes en tête lorsqu’on écrit pour le jeune public ?

C’est quelque chose qui est devenu très naturel et que je vis sans contrainte, si ce n’est des contraintes de langage : j’essaie de dire le moins de gros mots possibles, car de toutes façons j’ai du mal à utiliser des termes grossiers, même le mot «merde» me pèse quand je dois l’écrire. Au-delà de ça, quand j’ai commencé je m’imaginais en train de raconter ces histoires à mes enfants. Aujourd’hui ils ont grandi mais je continue de m’adresser à un public jeune !

Vos enfants vous ont donc servi de public-test ?

Très souvent je teste, surtout pour le roman que mon fils a lu bien avant l'éditeur, dès sa première version. Comme je n'étais pas sûr de mon coup, je m'étais dit que s'il allait jusqu'au bout c'était bon signe. Comme ça a été le cas ça m'a donné confiance.

Et quand vous collaborez avec des illustrateurs, comment se passe la collaboration ?

Avec Rebecca (Dautremer, sa conjointe ndlr) c'est particulier car on vit ensemble donc assez souvent elle me demande mon avis sur nos collaborations ou d'autres travaux, et c'est pareil dans l'autre sens, je la consulte, il y a donc beacoup polus d'échange qu'avec d'autres illustrateurs avec lesquels je m'entends toujours bien mais avec lesquels j'échnage moins. il y a parfois des passages du texte qui ne lui plaisent pas. Par exemple sur Baba Yaga il y a une énumération d'objets se trouvant chez l'ogresse, Rebecca m'a fait changer pas mal de termes qu'elle ne se sentait pas de dessiner et ça ne posait pas de problème puisque ça n'affectait pas l'histoire. Je ne travaille jamais comme ça avec d'autres illustrateurs.

Est-ce que ça ne vous donne pas envie d'aller vers la BD tous les deux ?

Oui bien sûr, mais je ne peux pas vous en dire plus. On a chacun des projets en cours et aussi un projet commun. On avait commencé sur Séraphin Mouton qui s'adressait aux tout-petits, avec des pages de 4 cases.

Vous avez aussi un projet de film d'animation: où en êtes-vous ?

C'est toujours d'actualité, mais tout ce qui touche au cinéma prend d'énormes proportions. Le projet n'est pas encore financé à 100%. J'ai commencé à écrire le scénario en 2010, Rebecca a travaillé sur une bande-annonce présentant les personnages et les décors. Le producteur travaille à trouver des financements,et il reste aussi des choses à préciser sur qui se charge de la mise en scène par exemple, car je n'ai pas d'expérience dans ce domaine.

Jonah, le personnage de votre oeuvre en 6 volumes, est un peu un super-héros à votre sauce ?

Il a des pouvoirs mais il ne les utilise pas forcément, c’est ce qui fait la différence avec les autres super-héros. Quelque chose qui m’a toujours surpris dans les histoires de super-héros classiques, c’est de voir des jeunes gens capables de différencier le bien du mal dès leur plus jeune âge. La définition du bien et du mal est une question récurrente dans ce que j’écris. Jonas est donc un super-héros mais la question est de savoir comment il va utiliser ses pouvoirs, avec plus d’ambiguités que dans ces histoires qu’on connaît tous. Ce qui le rend cool et intéressant selon moi c’est qu’il ne les utilise pas à tout bout de champ !

Vous venez présenter à Tours le 5e volume de cette série de romans qui en compte 6 : l'aviez-vous conçu comme cela dès le début de l'écriture ?

J'ai commencé l'écriture de Jonah en même temps que l'écriture d'un film d'animation. Le scénario est un espace d'écriture vraiment spécial, et le format du script n'est pas sexy, je n'y suis pas à l'aise car c'est très descriptif. Je voulais raconter une histoire et j'ai donc commencé à écrire et j'ai découvert le grand espace dont je disposais par rapport à un scénario et par rapport au format de l'album que j'avais connu jusque-là. C'est à partir de cette expérience que j'ai commencé à écrire Jonah qui était comme un défouloir pour moi par rapport au scénario et ses règles de dramaturgie. Pour Jonah je ne me suis mis aucune contrainte et je ne pensais pas le présenter à un éditeur. Je savais déjà quelle serait la fin de l'histoire et où je voulais aller. Certains personnages sont apparus ou ont évolué au fil de l'écriture, mais je connaissais la fin. Jonah est vraiment une histoire globale, divisée en 6 parties qu'on doit lire dans l'ordre pour s'y retrouver.

Votre matière préférée à l’école ?  Je n’en avais pas ! Ce que j’aimais c’était retrouver les copains.

La playlist du moment ? J’écoute beaucoup de métal, j’aime les musiques un peu violentes !

Dans la valise pour les vacances ? Mon ordinateur. Ce sont des vacances particulières car j'ai fini d'écrire le tome 6 de Jonah et je travaille sur un nouveau projet qui correspond à un itinéraire partant du 9e arrondissement de Paris pour se terminer à San Francisco dans un concept post-apocalyptique. Cet été, je pensais faire la partie de l'itinéraire qui va de Paris au sud du Portugal, et finalement mes enfants m'accompagnent. Je prends des photos, des notes, et je complète un peu ce livre qui est déjà écrit, je vais pouvoir affiner certains passages. Mais de toutes façons quand on commence à écrire on n'est plus jamais en vacances, ou plutôt ce sont des vacances perpétuelles. Comme j'ai aussi du boulot à côté, quand je consacre du temps à l'écriture, le soir, le week-end, c'est un vrai plaisir.

L'élément indispensable d'une bonne rentrée des classes ? La rentrée des classes ce sont les jours qui raccourcissent et la nuit qui commence à tomber quand on sort de classe. C'est quelque chose qui est inévitablement lié à la rentrée et c'est une sensation que j'adore, entre chien et loup, la fraîcheur sur le chemin du retour…

Tai-Marc Le Thanh présentera le volume 5 de la série de romans jeunesse Jonah à la librairie La Boîte à Livres le samedi 19 septembre à 15h (entrée libre dans la limite des places disponibles).