L’AGENDA DES SORTIES DU 37

lien agenda
  • image annonceur
  • image contact

Trouver une sortie



LA PETITE HISTOIRE...

... de Pierre-Jean de Béranger

Avant d’être synonyme pour vous de bouchons aux heures de pointe, de marché aux fleurs suivant le fil des saisons et de platanes en plus ou moins bonne forme, Béranger n’était pas qu’un boulevard et avait un prénom : Pierre-Jean. A nous de vous conter la petite histoire de ce grand homme ! 

Ne nous y trompons pas : Pierre-Jean de Béranger était une star comme on n’en fait plus. Au XIXe siècle, on chantait ses chansons aux quatre coins du pays.

Mais sa popularité auprès des petites gens ne l’empêchait pas de faire copain-copain avec Victor, Alexandre ou François-René. Enfin, avec Hugo, Dumas ou Chateaubriand !

Né en 1780, le jeune parisien voit défiler en direct la Révolution française. Bringuebalé d’une pension parisienne trop onéreuse pour son père à des petits boulots provinciaux dans une auberge puis chez un notaire, il atterrit apprenti chez l’imprimeur Laisney. L’ado de 14 ans profite des pages qui passent entre ses mains pour se frotter à la poésie.

Dithyrambes, grands poèmes lyriques… Il s’escrime sur les vers avant de trouver sa place dans l’écriture de chansons qu’il teste avec quelques amis à Montmartre. S’assurant un revenu régulier grâce à un coup de pouce du frère de Bonaparte à partir de 1804, puis via un emploi à l’Université en 1809, il peut s’adonner à l’art dans lequel il excelle : celui d’être chansonnier.

Il pousse d’abord la chansonnette pour faire sourire ou rougir : un peu grivoises, souvent sautillantes, ses paroles finissent par coller à l’air du temps et aux indignations du jeune homme. On dirait aujourd’hui de lui qu’il est un « chanteur engagé ».

Antimonarchiste, anti-Restauration. Anticlérical. Anti-jésuite. Plutôt bonapartiste mais aussi républicain et libéral dans l’âme dans une époque où la liberté d’expression bat de l’aile, il fait de la chanson une arme de dénonciation massive qui lui vaut deux séjours en prison en 1821 et 1828.

Rien de tel pour accroître sa popularité ! 10.000 exemplaires vendus de son recueil paru en 1821, des amendes payées grâce à une souscription publique, et des compliments qui pleuvent : «un des plus grands poètes que la France ait jamais produit» pour Chateaubriand, rien moins que «le génie bienfaisant du siècle» pour Goethe… N’en jetez plus!

Prenant ses distances avec la Monarchie de Juillet et la vie parisienne en 1834, il passe par la Touraine où il séjourne à Tours et Saint-Cyr-sur-Loire, avant de rejoindre la capitale en 1840. Il y meurt en 1857, et son enterrement se fait sous escorte militaire… des fois que le peuple aurait eu envie de s’exprimer un peu trop vivement, une fois son chansonnier préféré trépassé…