L’AGENDA DES SORTIES DU 37

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LA PETITE HISTOIRE...

... DU PASSEPORT

Passeport : un mot qui sonne doucement à nos oreilles, évoquant les vacances, le voyage, le soleil et l’ailleurs… Loin de nous l’idée de vouloir rompre le charme, mais le passeport c’est aussi (et surtout !) le moyen d’avoir un œil sur vos faits et gestes, et par-dessus tout sur vos mouvements. Et c’est comme ça depuis la nuit des temps (ou presque).

Déjà dans l’Antiquité, les émissaires de tel ou tel roi devaient obtenir des lettres ou autres documents qui leur permettraient de montrer patte blanche dans la contrée visitée. Pour des marchandises ou des personnes, il était donc indispensable de détenir l’autorisation de se déplacer.

Romains en toge, rois moyenâgeux vêtus de fourrures de bêtes sauvages ou élégants princes de la Renaissance : le principe reste le même au fil des siècles, et tout individu franchissant une barrière, que ce soit celle d’une ville, d’une région ou d’un royaume, doit avoir son laissez-passer.

Passer la porte d’une ville ou passer l’entrée d’un port : quelle que soit l’origine du mot né au XVe siècle, le passeport est donc le sésame indispensable pour passer la frontière et pénétrer l’inconnu.

Et à l’époque, l’inconnu est à nos portes (brrr…) : faute de temps, d’argent, de moyens de locomotion, on reste le plus souvent chez soi. Le simple déplacement dans le département d’à côté est donc soumis à autorisation car pour le roi de France, puis pour les premiers républicains nés de la Révolution Française, il est essentiel d’avoir un œil sur tout le monde.

Big brother is watching you : hors de question de laisser nos meilleurs artisans quitter le pays et de ne pas contrôler les flux de vagabonds ou de criminels entre les régions du pays ! Ainsi, quand Paris est engorgée de chômeurs, on limite le nombre de passeports intérieurs délivrés, pour éviter tout risque de tumultes. Question d’arithmétique sociale ?!

Et lorsque le voyageur obtient un passeport, il n’est  pas pour autant libre de ses mouvements : les étapes du trajet sont consciencieusement répertoriées et on va pointer à chaque arrêt. Impossible de sortir du droit chemin !

La locomotive provoquera finalement la crise du passeport intérieur au XIXe siècle. Quand la paperasse voyage moins vite que l’individu, il est certain que cela pose quantité de problèmes ! Pour les citoyens français, on préfère donc la carte d’identité, plus simple pour identifier une personne, et marquer notre appartenance à une même nation. Mais le fameux petit carnet reste aujourd’hui indispensable pour traverser les frontières, pour un voyage dans les règles !